Sa diversité fait toute la beauté et la richesse de notre archipel: sa population, son bâti et son environnement naturel avec sa faune et sa flore. Mais au-delà de la carte postale, il faut aussi savoir observer l’envers du décor : nos paysages charmeurs ont grand besoin qu’on leur prête attention, qu’on les comprenne pour anticiper ou corriger les conséquences de notre présence sur l’île.

Différentes plantes invasives : Buddleja, Griffe de Sorcière, Renouée du Japon…

Herbes de la pampa

Exclusivement exogènes et très compétitives, les plantes dites invasives, échappées de nos jardins, se développent au détriment d’un écosystème indigène déjà fragile. Certaines d’entre elles peuvent même porter atteinte à la santé humaine (pollens allergisants du Séneçon en Arbre, brûlures cutanées provoquées par la Berce du Caucase) ou à l’économie locale (comme en agriculture avec la Datura qui s’invite sur les parcelles de culture de maïs ou de sarrasin).

Quelques solutions pour limiter leur propagation dans l’environnement naturel et leur emprise sur nos jardins vous seront exposées, au fil des saisons. Régulièrement le portrait d’une plante vous sera proposé sur le site de la mairie et relayé par notre page Facebook : comment l’identifier, ses risques et les mesures à prendre pour la contenir.

Mais dès maintenant, la première des précautions, simple à mettre en œuvre, consiste à éviter de les déplacer ! Un épi d’Herbe de la pampa, baladé d’un endroit à un autre ou une brouette de Montbretia jetée dans la lande ont pour effet de disséminer ces invasives.


L’avancée des travaux de la commission au sujet des plantes invasives vous sera rapportée dans les prochains Bréhat Infos, ainsi qu’un focus sur une plante à chaque numéro.

L’ail triquètre, cette invasive qui se mange !

Il est une plante dans vos jardins. Elle a des feuilles charnues de section triangulaire, elle porte des fleurs blanches en clochettes qui pendent en grappes lors de sa floraison courant Mars-Avril et elle sent l’ail quand vous la passez à la tondeuse. Oui, vous voyez qui c’est, parce qu’elle couvre vos plates-bandes : c’est l’ail triquètre. Originaire du pourtour méditerranéen, elle s’est échappée de nos jardins pour s’implanter de la Grande Bretagne jusqu’en Normandie, se développant en parterres denses, au détriment de la flore locale.

Elle a été déclarée « Plante Invasive Avérée, portant atteinte à la biodiversité » par le Conservatoire Botanique National de Brest en 2016. Pas de panique, il est un remède : l’hiver approche, c’est l’heure de travailler le sol de son jardin et de le préparer pour la saison prochaine.

  • Binez pour extraire les bulbes du sol et mettez-les à composter chez vous quelque part où vous pourrez vous assurer qu’ils ne reprendront pas !
  • Si ce travail, certes laborieux, vous est pénible, il est possible de la fatiguer d’une façon singulière : comme son nom l’indique, c’est un ail, du genre allium elle est donc… comestible – et dans son intégralité (bulbe, feuille, fleur, graine) !
  • Avec le redoux de l’arrière-saison, elle réapparaît ; sélectionnez-la, coupez-la (ce qui aura pour effet de la fatiguer) et lavez-la soigneusement avant consommation.

Elle agrémentera vos salades composées, elle garnira vos omelettes et galettes. Vous pouvez aussi la conserver en pestos ce qui ravira sans conteste vos convives ! Évidemment, prudence ! Abstenez-vous en cas de doute et évitez ces endroits pollués: bords de route, décombres, zone d’épandages…Il y a encore une autre solution : Avant qu’elle graine, tondez-la pour éviter qu’elle ne se ressème. Cela fera autant de bulbes qui ne pousseront pas l’année d’après. Et son énergie concentrée sur la reproduction, la touffe de départ n’en sera que plus affaiblie. Répétez ces trois actions à l’année et vous l’aurez contenue !

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