C’est une plante grasse, exotique, dont la feuille charnue est de section triangulaire ; elle pousse facilement sur nos murets de jardin mais aussi en bord de littoral qu’elle gagne rapidement.
Vous la connaissez, c’est Carpobrotus edulis qu’on appelle vulgairement « griffe de sorcière » ou autrement « ficoïde comestible » parce que son fruit est… comestible !

Arrivée sur le continent comme ornementale, elle a gagné les côtes corses, atlantiques et bretonnes où elle conquiert des territoires avec une grande facilité.
La croissance de ses ramifications peut dépasser le mètre dans l’année, la moindre de ses feuilles est capable de se bouturer, même après avoir séjourné dans la mer !

Griffes de sorcières

Qui plus est, elle connaît une technique imparable pour s’imposer dans un biotope : ses racines secrètent des composés biocides, impactant le bon fonctionnement du sol et empêchant la pousse d’autres plantes. Nos côtes sont riches de la présence de la silène, du lotier corniculé, de l’armérie maritime ou de la carotte sauvage et de bien d’autres qu’il nous est nécessaire de préserver.

Aujourd’hui Bréhat n’est pas trop endommagée par sa présence – elle est peut-être même inconnue de certain(e)s, mais l’apparition de plants sauvages sur la côte Est de l’île Nord pose question : devons-nous attendre une situation aussi alarmante qu’il en est avec les herbes de la pampa au Rosédo avant de réagir ?

Griffes de sorcières au moulin de Crec’h Tarec

La situation est complexe puisqu’à ce jour sa présence devient inévitable. Il est cependant possible de limiter sa prolifération par des campagnes d’arrachage réalisées avec une extrême prudence sous peine d’effondrer une pente rendue fragile par sa présence ; un effort difficile d’autant plus qu’il est nécessaire de réimplanter une flore indigène après nettoyage, sans quoi l’espace nettoyé serait alors démuni face aux éléments.

Avant toute intervention, un recensement est à préférer ; travail qui pourrait être réalisé par une association de protection de l’environnement, notamment dans le cadre d’un projet d’atlas de la biodiversité communale. Affaire à suivre.

Fleur de la griffe de sorcières

Maintenant, en tant qu’individu, en tant que citoyen, que faire ?

D’abord ne pas en ramasser, ne pas en jeter, ne pas en cultiver – à moins d’en consommer tous les fruits (convient en confiture) et d’en tailler les stolons tous les ans ! Si vous en trouvez dans la nature, nous vous remercions de la photographier et de nous envoyer l’information ainsi que les coordonnées GPS à l’adresse dédiée : brehat-environnement@mailo.com

Plus de renseignements avec la fiche de présentation de l’association FREDON de lutte contre les plantes invasives :

FREDON – Reconnaître et surveiller les plantes invasives en Bretagne

Le communiqué du Conservatoire Botanique National de Brest

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