Réunion de crise covid-2019 du 30 mai 2020

Compte rendu de la 12e réunion de crise Covid-19, le  30 mai 2020.

Intervention du Docteur Yves Trimaille

 Au moment où nous abordons la seconde phase de dé-confinement, que les indicateurs sanitaires évoluent favorablement, suite à une analyse avec un recul de trois semaines depuis le dé-confinement débuté le 11 mai, que certains voient le spectre d'une seconde vague s'éloigner et que d'autres envisagent dès à présent d'appréhender la pandémie sous l'angle de l'histoire et de la mémoire, il convient peut-être de ne pas aller trop vite, même si chacun souhaite ranger au plus vite au rang de souvenir cette épreuve à laquelle a été soumise une grande partie de l'humanité.

 Si localement l'île est toujours préservée de l'émergence de nouveaux cas, restons néanmoins prudents.

 En effet alors que l'activité économique reprend ses droits, au plus grand soulagement de la majorité d'entre nous, avec la réouverture des bars et restaurants et l'abrogation de la limite des cent kilomètres, restreignant jusque-là nos déplacements, une analyse plus fine de la situation sanitaire nationale et loco-régionale, confrontée à l'augmentation de la fréquentation touristique sur l'île, nous incite à formuler les recommandations suivantes.

 Sur la base des nouveaux critères d'analyse de la situation sanitaire au nombre de quatre :

- l'incidence (nombre de personnes infectées en une semaine sur 100 000 habitants),

- le taux de positivité des tests PCR,

- le Ro du virus (actuellement de 0,77) en France,

- le taux d'occupation des réanimations (qui reflète la saturation des hôpitaux),

il apparaît que l'ensemble du territoire national est classé en zone verte à l'exception de l'Ile de France où la circulation et la transmission du virus restent endémiques.

Sur le reste du territoire, en se référant au seul critère de l'incidence du taux de positivité des tests PCR, marquant l'activité épidémique, actuellement de 6,14 tests positifs pour 100 000 habitants par semaine sur l'ensemble du territoire national, il ressort que certains départements sont classés en orange, avec un recensement entre 10 à 50 tests positifs pour 100 000 habitants sur une semaine, ceci du fait de l'émergence de clusters. Il en va ainsi des Côtes d'Armor.

Même si ces foyers sont actuellement contenus et ne laissent pas diffuser le virus, ils rappellent s'il en est besoin que le virus est toujours présent à notre porte.

 Il convient d'informer ici des modalités actuelles visant à circonscrire les foyers épidémiques naissants.

Les principes généraux sont les suivants :

- Toute personne présentant des signes cliniques évocateurs du CIVID-19 doit se voir prescrire un test diagnostic par RT-PCR et être isolée sans délai dans l'attente de son résultat.

- Tout cas de COVID-19 confirmé biologiquement par RT-PCR ou cas probable fait l'objet d'un isolement jusqu'à sa guérison, c'est-à-dire jusqu'à 8 jours après les premiers symptômes et 48 heures après la disparition complète de ceux-ci.

- Les personnes dont les contacts avec un cas confirmé sont évaluées '' à risque '' sont placées en quatorzaine et font l'objet d'un test de dépistage par RT-PCR qu'elles soient symptomatiques ou asymptomatiques (dès que possible pour les contacts du foyer et 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé pour les contacts hors du foyer, et immédiatement en cas d'apparition des symptômes).

 - Les personnes contacts à risque du foyer restent en quatorzaine même en cas de test RT-PCR négatif ; un allègement de la quatorzaine ne peut être envisagé qu'en l'absence de symptômes et de la réalisation d'un autre test RT-PCR 7 jours après la guérison du cas, qui doit être négatif.

- Les personnes contacts à risque hors du foyer voient également leur quatorzaine allégée en cas de test RT-PCR négatif à 7 jours du dernier contact avec le cas confirmé ou probable (sorties autorisées limitées, avec port obligatoire d'un masque chirurgical, pas de contact avec des personnes à risque de forme grave de COVID-19, pas de travail en présentiel) ; elle est levée complètement 14 jours après le dernier contact avec le cas.

- Toute personne contact qui devient cas confirmé de COVID-19 fait l'objet d'une recherche de ses personnes contacts à risque.

- La recherche des personnes contacts à risque d'un cas confirmé de COVID-19 asymptomatique est réalisée dans les 7 jours précédant la date du prélèvement positif.

- Les cas et les personnes contacts à risque font l'objet d'un suivi régulier, pour s'assurer du respect de la mesure d'isolement ou de quatorzaine.

Les enquêtes sont réalisées par les professionnels de santé de médecine de ville et des établissements de santé, l'Assurance Maladie, et les Agences régionales de Santé en lien avec les Cellules Régionales de Santé Publique France.

Une base de données SI-DEP permet de colliger tous les résultats d'analyses pour le COVID-19 avec les données d'identification des personnes prélevées et est directement accessible aux acteurs des enquêtes de contact-tracing de l'Assurance Maladie et de l 'ARS .

 

La personne contact à risque est une personne :

- Ayant partagé le même lieu de vie que le cas confirmé ou probable.

- Ayant eu un contact direct avec un cas, en face à face, à moins de 1 mètre, qu'elle que soit la durée (conversation, repas, flirt, accolades, embrassades par exemple). En revanche, des personnes croisées dans l'espace public de manière fugace ne sont pas considérées comme des personnes contacts à risque.

- Ayant prodigué ou reçu des actes d'hygiène ou de soins.

- Ayant partagé un espace confiné (bureau, salle de réunion, véhicule personnel ..) pendant au moins 15 minutes avec un cas, ou étant restée en face à face avec un cas durant plusieurs épisodes de toux ou d'éternuement.

- Ayant partagé un espace confiné (bureau, salle de réunion …) ou étant restée en face à face avec un cas à l'occasion d'épisodes de toux ou d'éternuement.

- Etant élève ou enseignant de la même classe scolaire (maternelle, primaire, secondaire, groupe de travaux dirigés à l'université).

En l'absence de mesures de protection efficaces pendant toute la durée du contact :

- Hygiaphone ou autre séparation physique (vitre).

- Masque chirurgical ou FFP2 porté par le cas ou la personne contact.

- Masque grand public fabriqué selon la norme AFNOR porté par le cas et la personne contact.

 Tout cela pour se rendre compte de la lourdeur de la procédure ne serait-ce qu'en cas de contact avec un cas positif ou probable sans respect des mesures de protection et des conséquences personnelles et professionnelles qui en découlent.

 Ce sont nos comportements individuels et collectifs d'aujourd'hui qui conditionnent directement la vitesse de l'épidémie et son évolution dans les prochaines semaines.

 

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