Du paléolithique à nos jours, découvrez l’histoire de l’île de Bréhat, premier port de la baie de Saint Brieuc jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, premier site classé de France en 1907.

Bréhat au paléolithique

Bréhat n’a pas toujours été une île. Il y a moins de 20 000 ans, elle était encore rattachée au continent et une occupation humaine datant du paléolithique est attestée au pied de l’abri sous roche du Goareva, derrière la jetée de marée basse actuelle du Port Clos. Aujourd’hui le site est ennoyé à marée haute.

Pointe de silex datant du moustérien provenant du site de Goaréva

Lors des nombreuses fouilles archéologiques qui se sont succédé au XXème siècle, il a été découvert plusieurs lieux d’habitat et d’industrie de la dolérite (roche volcanique dure) et du silex, sur une période qui s’étend entre  le Paléolithique moyen (env. 40 000 ans) et le Paléolithique supérieur (env. 20 000ans). 

 A l’emplacement de la troisième cale d’embarquement,  le sol du rocher de Goareva a été fouillé en 1973 par P.R.Giot et J.L.Monnier ; il a  révélé des traces d’occupation de chasseurs du Moustérien sous cette abri. Ce site fut certainement utilisé par plusieurs générations d’hommes préhistoriques, son emplacement était stratégique pour observer le gibier.

Un autre site fut exploré par les mêmes archéologues, sur l’île nord, près du phare du Paon,  du nom de Plasenn al lomm. Sur celui-ci, daté d’environ – 20 000 ans,  un nombre conséquent d’éclats de silex taillés a révélé l’existence d’une importante activité de taille d’outils, véritable site de production. Il est à noter qu’il n’y a pas de silex dans les environs immédiats de Bréhat. Celui-ci était donc amené pour être taillé sur place. Des emplacements d’habitats ont également été retrouvés.

Les vestiges gallo-romains de l’île Lavrec

Sur l’île Lavrec, des fouilles effectuées en 1977 ont permis de mettre à jour un bâtiment romain avec un système de chauffage, datant environ de l’an 300. Saint Budoc, fuyant la Bretagne (l’Angleterre) avec d’autres moines comme Saint Maudez, arriva par la mer pour y fonder son premier monastère. L’édifice mesurait 12 mètres de long pour 6 mètres de large.

Jusqu’au VIème siècle,  les îles furent un endroit de formation important, pour beaucoup de prêtres qui allaient fonder une grande partie des paroisses d’Armorique.

Vestiges gallo-romains sur l’île Lavrec : détail de l’hypocauste (chauffage par le sol).

Pour en savoir plus : un document sur les fouilles archéologiques entreprises en 1977.

Du Moyen Age à la révolution, une histoire mouvementée

Au Moyen-Age, Bréhat est une châtellenie du comté de Penthièvre qui s’étendait de Lamballe à Guingamp.

En 1083, l’île fut donnée par Geoffroy, fils d’Eudon, comte de Penthièvre, au monastère Saint-Martin de Lamballe.

L’armoirie de la commune est un blason d’hermine à barre de gueule qui vient de la famille Brécart ou Bréquart. On y reconnaît les armes de Bretagne, avec une brisure (barre de bâtardise) qui évoque le souvenir de Jacqueline de Bretagne, fille naturelle du roi Arthur III, Dame de Bréhat en 1451 et femme d’Arthur Brécart.

Blason de Bréhat
Ces armes furent employées par la commune à partir de 1975

Dès le XIVe siècle, au Gardeno, se dresse un château fort. L’île, qui a le triste privilège, en raison de sa position sur la côte nord, d’être devenue une étape habituelle pour la flotte anglaise, subit une attaque dévastatrice en 1408. Les Anglais, appelés par Jean V, duc de Bretagne en conflit avec la duchesse de Penthièvre débarquèrent à Bréhat. L’île fut pillée et incendiée et les habitants rançonnés ou massacrés, le château rasé. Selon la tradition orale, le donjon du château fort, au sud-ouest, dans l’anse de la Chambre, fut démoli et servit à faire le premier bassin de Paimpol. On s’interrogea alors sur l’opportunité d’évacuer l’île, désormais indéfendable, à l’instar de l’île de Batz au large de Roscoff. L’activité de pêche fut maintenue.

Un nouveau fort fut construit en 1590 par le Duc de Mercœur (Penthièvre). Pendant la guerre de la Ligue, Bréhat fut l’objet de nombreux combats à partir de 1591. L’île fut de nouveau attaquée par les troupes anglaises et  l’armée d’Henri IV. Malgré l’aide des corsaires malouins, l’île fut prise et ses défenseurs furent pendus aux ailes des moulins, En 1592, c’est au tour des Espagnols de cantonner Bréhat et de ravager l’île, une fois encore. Le château fut détruit en 1598.

Un passé maritime glorieux

L’archipel de Bréhat a toujours joué un rôle considérable dans la vie maritime de la Manche occidentale. Bréhat est un lieu de refuge, quels que soient les vents il y a toujours un abri dans l’archipel, sans parler de la possibilité de mouiller dans le Trieux“, nous rappelle Jean-François Jacq dans son ouvrage L’Âge d’or des corsaires, 1643-1815, Morlaix – Paimpol – Bréhat – Binic .

Carte des mouillages de l’île de Bréhat – 1768

En outre, en cas de chasse par les ennemis, compte tenu de la faiblesse des cartes marines de l’époque, les difficultés de navigation de l’archipel, bien connues aujourd’hui encore, constituaient une protection naturelle contre des étrangers, surtout quand il y avait parmi l’équipage quelques marins originaires du Goëlo, couramment appelés natifs à l’époque. Les marins bréhatins comptaient parmi les plus prisés.

L’île a été une pépinière de marins tant au commerce (capitaines cap-horniers) que militaires (plusieurs capitaines de vaisseaux et amiraux), corsaires et pirates. L’histoire a retenu les noms de ces marins : Le Pommelec, Le Brujon, Savidan, Jacques Drézenec, Fleury, Le Roux, Poirier, Froger, Le Gonidec Nicolas, Lambert, Colin, Corouge, Le Bozec et Cornic, pour n’en citer que quelques-uns.

Leur maîtrise de la navigation n’avait d’égale que leur audace, disait-on. Excellents combattants, pécheurs mais aussi commerçants, ils étaient présent sur les côtes de l’Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord. Ils étaient également prompts à s’enhardir en allant vers des mers plus lointaines pour y trouver de nouvelles ressources.

Pionniers de la pêche en mer lointaine

Les Bréhatins sont allés à la pêche à la morue à Terre-Neuve, très tôt, dès le XVème siècle. D’après les écrits des chanoines de Beauport (1521), le prieuré demande aux Bréhatins de verser la dîme sur les prises de pêches faîtes vers Terre-Neuve depuis 60 ans.

La morue venant à manquer dans la Manche à partir de 1350, suite à un réchauffement des eaux (la morue aime les eaux glacées), les Bretons, principalement Bréhatins et Binicais, puis les Normands, ont suivi les Basques qui exploitaient déjà ces zones de pèche – “Terra-Bacalaos” – découvertes au XIVème siècle.

L’île de Terre-Neuve fut officiellement redécouverte près d’un siècle plus tard, en 1497, par l’explorateur italien Giovanni Caboto, dit Jean Cabot, pour le compte de la Couronne d’Angleterre.

Selon la légende, le corsaire Jehan Coatenlem, dont le bateau était basé à Bréhat, aurait indiqué la route de l’Amérique à un autre navigateur italien, qui fut un temps corsaire avant d’être explorateur, Christophe Colomb, lui confirmant qu’il y avait des terres au delà de l’océan.

À vingt ans, en 1475, Jehan Coatanlem se fait corsaire du roi de France, Louis XI, le duc de Bretagne François II n’encourageant pas lui-même les courses en mer.

Pépinière de corsaires et de capitaines pour la Royale

Sous Louis XIV, Bréhat devient un site d’escale stratégique pour les navires du Roi. L’île disposait d’une garnison permanente d’environ 240 soldats. Pour créer un système défensif, un ensemble de fortifications fut mis en place sur l’île et les îlots, comprenant des corps de garde, des poudrières et des bouches à feu.

A cette époque, la course, comme on l’appelle, se développe fortement. Bréhat fournit grand nombre de corsaires au service du roi, et des marins pour ses navires.

Détail de la carte : un combat naval au large de Bréhat en 1666, entre un navire des Provinces Unies (les Pays Bas) et un navire anglais.

Située sur la route maritime reliant Saint-Malo à Brest, l’île occupait une position stratégique. Les bateaux du Roi puis de la République, comme ceux des corsaires, y furent très présents en ces temps de guerre, y trouvant d’excellents refuges. Le grand amiral – et corsaire – Duguay-Trouin y fera fréquemment escale, et s’y réfugiera en 1692, sauvant la flotte française d’une grande défaite face aux Anglais, faisant même quelques prises parmi ses poursuivants, piégés par la traitrise des fonds marins environnants.

De nombreuses demeures de Bréhat, caractérisées par leur architecture à deux étages et des murs enclos, témoignent de la présence corsaire.

Source : patrimoine.bzh

Bréhat, premier port de commerce de la baie de Saint-Brieuc

Au XVIIe siècle Bréhat est devenu le premier port de commerce de la baie de Saint-Brieuc, bien devant cette dernière, mais aussi devant Paimpol et Binic. L’activité ne cesse de se développer. Les maîtres de barque bréhatins, propriétaires de leurs bateaux, cabotent, allant chercher du vin en Aunis, du sel à Guérande, livrant une partie de leur cargaison en Hollande et en Bretagne. Ils exportent aussi des céréales et des toiles de lin et de chanvre, dont la région est alors grande productrice.

La Corderie et le Port Clos sont les deux principaux ports. La Corderie, asséchant peu en mortes eaux, devient un excellent port d’armement.

Le nom de cette dernière ne vient pas d’une éventuelle activité de fabrication de cordages, il n’existe aucune trace dans l’île d’un bâtiment qui eut été adapté à la fabrication de cordes. Mais il y eut sans doute un important dépôt de cordages destinés à la marine royale, longtemps très présente dans l’archipel, en provenance de la corderie royale de Rochefort.

L’étude des armateurs les plus importants de l’époque montre qu’ils sont nombreux à être venus de Bréhat puis, après avoir étendu leurs activités à Paimpol ou à Morlaix, à avoir poursuivi leur périple jusqu’à Saint-Malo ou Bordeaux, pour y développer leur métier d’armateur. Rivaux des Malouins, ils tissent cependant avec eux des liens forts qui perdureront jusqu’à la fin de la marine à voile.

De véritables dynasties de marins, comme les Pommelec et les Cornic, armeront tour à tour, en temps de paix comme en temps de guerre, navires de commerce et navires corsaires, amassant des fortunes considérables. En 150 ans, les maîtres de barque de Bréhat sont devenus des notables armateurs-négociants, maires et conseillers généraux. Ils armeront de nombreuses goélettes pour la pêche à Islande.

Vers 1910 : la goélette à hunier, La Louise, de l’armateur Le Pommelec

L’avènement de la motorisation des navires, l’augmentation de leur tonnage, sonnèrent le glas de la puissance maritime bréhatine. La configuration géographique de l’archipel, autrefois un atout si précieux, constituait désormais un handicap.

Bréhat sous la révolution

En 1790, la paroisse de Bréhat, qui dépendait de l’évêché de Dol, est érigée en commune. Elle élit sa première municipalité le 8 février 1790. Le nom « Ile-de-Bréhat » est officialisé le 31 décembre 1886.

La chapelle Saint-Michel est utilisée pendant la Révolution comme corps de garde et magasin à poudre : le bâtiment attenant est probablement construit à cette époque comme dépôt des ustensiles des batteries.

Une pétition en date du 30 juin 1790 indique que l’île emploie alors entre 400 et 500 marins. La chapelle de Kéranroux fut vendue comme bien national et la statue de Notre-Dame de Kéranroux cachée sur l’îlot de Roch-ar-Velen, situé dans l’anse de la Corderie.

Bréhat est durement touchée par les épidémies de choléra qui ravagèrent l’Europe, venues d’Inde en 1832 et de Chine en 1854

Bréhat souffrit beaucoup du choléra, ramené par des matelots, provoquant deux épidémies, en 1832 puis encore en 1854, avec respectivement 120 et 54 victimes. Le petit cimetière du bourg de l’île de Bréhat, ramassé autour de l’église Notre Dame de Bonne Nouvelle, fut ouvert suite à l’épidémie de 1832 qui avait rempli le précédent cimetière de l’île.

Près de la porte de l’église, dans le tombeau collectif des curés de Bréhat, on remarquera la stèle pyramidale du vicaire Guillo, mort à 33 ans en 1832 « victimes de son dévouement à visiter les cholériques », rappel des origines du cimetière.

Les grands travaux sous le Second Empire : La citadelle de Bréhat et le Phare du Paon

Bien que possédant une architecture rappelant Vauban, la citadelle de Bréhat n’a pas été construite par celui-ci mais bien plus tard, sous le Second Empire, de 1860 à 1862. Le vote de la loi militaire de 1872, augmenta les effectifs. On y logea des soldats jusqu’en 1875.

La citadelle abrite aujourd’hui les Verreries de Bréhat, de renommée internationale.

De nombreux travaux de phares et de balisages maritimes sont entrepris. Le premier fanal du Paon a été édifié en 1860, à la pointe nord de l’île. Il balise le dangereux passage du plateau rocheux de la Horaine, s’étendant sur 2 kilomètres environs, situé à quatre milles dans le Nord-Est de l’île de Bréhat et à 12 milles au Sud du plateau des Roches-Douvres.

Bréhat – une navigation pleine de dangers

Au fil des siècles passés, les corsaires malouins et bréhatins, fins connaisseurs du secteur, de ses courants et marées, s’étaient plus d’une fois servis de ces écueils invisibles à mi-marée pour piéger les navires anglais lancés à leur poursuite.

Une annexe fut rajoutée en 1888 pour le confort des gardiens.

Plan d’ensemble datant de 1888
Le phare du Paon, tel qu’il était avant sa destruction par l’armée allemande en 1944

Bréhat, destination touristique et artistique au XIXème siècle

Après les ravages du choléra en 1832 et 1854, l’île se reprend et se développe doucement pour vivre au mieux de la richesse de la terre et de la mer féconde. Comme la plupart des hommes partent en longue campagne de pêche, ce sont les femmes qui entretiennent les parcelles, s’occupent des troupeaux, élèvent les enfants. La mer est cruelle, certaines sont veuves très jeunes. Cette vie rude est guidée depuis des siècles par une foi fervente, immuable.

Tout en même temps, un changement se fait sentir. De nouveaux habitants, tombés sous le charme de l’île, y font construire une « petite folie », villégiature ou résidence. C’est l’époque de la révolution industrielle, l’essor des transports ferroviaires et de la petite bourgeoisie provoque un phénomène nouveau : le tourisme. Les Chemins de Fer de l’Ouest font l’éloge de cet écrin de verdure pittoresque, à quelques encablures du continent, accessible par bateau les beaux jours.

Bréhat devient un lieu de villégiature réputé pour les premiers touristes

Par la beauté de ses paysages, le contraste de ses couleurs et la qualité de sa lumière, Bréhat devient un endroit où séjournent de nombreux peintres et illustrateurs. Le silence sur l’île est une source d’inspiration pour bon nombre d’écrivains.

De nombreuses personnalités et artistes séjournèrent sur l’île : Prosper MériméeErnest RenanPierre Loti, Max Jacob, Maurice SachsThéodore Botrel, les frères Edmond et Jules de GoncourtPaul GauguinAndré BarsacqEmil CioranRobert GiraudLouis GuillaumeAndré VermarePaul Vaillant-CouturierCharles Le Goffic, Foujita, Pierre Dupuis ou Kume Keiichirō.

Le cabaret des décapités, symbole d’un changement d’époque

Beaucoup de ces artistes se retrouvaient souvent au cabaret des Décapités, anciennement appelé Café des Pêcheurs et tenu par madame Quéré, place du Bourg. L’un d’eux, qui rechignait à payer son ardoise, se fit menacer par la patronne de se faire couper la tête. Il entreprit alors de réaliser son autoportrait sur un verre et lui offrit, soulignant que son œuvre valait bien plus que son ardoise ! Depuis, les artistes prirent l’habitude de peindre leurs visages sur les verres et assiettes du café des pêcheurs.

Une partie de la collection des assiettes est toujours visible au Shamrock.

Avec la liberté que donnent les trains et les automobiles, l’époque voit naître le tourisme et les guides, des carnets de bonnes adresses. En 1927, Bréhat bénéficie d’un coup de projecteur inattendu de la part du plus grand critique gastronomique de l’époque.

Curnonsky, “Prince des gastronomes“, “Gastronomade”, infatigable dénicheur de bons coins, coqueluche du Tout-Paris gourmand, parle du Cabaret des Décapités dans lequel “n’ayez crainte votre pourvoi ne sera pas rejeté” . Avant d’ajouter que “la cuisine est très bonne et n’a rien de funéraire. L’aspect imprévu et montmartrois de l’endroit offre un amusant contraste avec le paysage environnant.”

Bréhat devient une destination à la mode, les vacanciers font la traversée pour déguster les Homards à l’Américaine et les Langoustes mayonnaise. 5 ans plus tard l’établissement, devenu l’Hôtel Central et Décapité, désormais tenu par M. Ballet, décroche une étoile au guide Michelin.

La vocation touristique et artistique de l’île ne se démentira plus.

“La Vedette”, l’un des premiers canots à moteur pour passer à Bréhat. Au milieu des années 30, l’été, les touristes sont désormais près d’une centaine à débarquer chaque jour sur l’île.

Pierre Dupuis – Les Moissonneuses, 1883, île de Bréhat – Musée des Beaux-Arts de Quimper

Bréhat et la résistance sous l’occupation allemande

Pendant la deuxième Guerre mondiale, l’île fut occupée par les Allemands. Une garnison de 300 soldats allemands prit possession du sémaphore, des phares, des habitations et interdit aux marins d’utiliser les bateaux.

Un groupe de résistants se forma, sous le nom de « la bande à Sidonie ». Leur point de ralliement se situait près de l’étang du Lenn. Réseau créé en 1941 par Suzanne Wilborts (pseudonyme Sidonie), épouse du docteur de l’île de Bréhat, et qui couvrait le secteur de Paimpol. Les informations étaient remises à des personnes rejoignant Londres avec divers moyens, bateaux de pêche, yacht, etc.

Un peu plus tard le réseau sera intégré dans « Georges-France 31 » un réseau plus étendu en relation avec l’Intelligence Service britannique. Le réseau recueillera également des soldats anglais repliés et se cachant en Bretagne depuis la débâcle de juin 1940. Il sera animé par un ingénieur des Chemins de Fer de Rennes, Turban.

Le réseau comptait pour le nord de la Bretagne 27 agents. Malgré les mises en garde émanant de Londres, il est démantelé au cours du premier trimestre 1942, 25 personnes sont déportées et quatorze ne reviendront pas des camps de la mort nazis. Suzanne, l’épouse, et Yvette la fille du docteur Wilborts étudiante à Rennes seront déportées à Ravensbrück puis en mars 1945 transférées à Mathausen. Elles reviendront toutes les deux des camps de la mort.

La libération de Bréhat

Avant d’abandonner Bréhat le 4 août 1944, l’armée allemande fait sauter les deux phares de l’île, ceux du Paon et du Rosédo. Paimpol et les communes environnantes seront libérées deux semaines plus tard par une dizaine de compagnies FTP et FFI, et un régiment de parachutistes français du 4e SAS, appuyés par le Task Force A de la IIIe Armée américaine. Les Allemands, retranchés dans les fortifications de la pointe de Guilben, résistent courageusement. Depuis les hauteurs de Ploubazlanec et de Plourivo, les blindés américains pilonnent sans relâche leur position, jusqu’à obtenir leur reddition. C’était leur dernier point fort dans le secteur.

Un chasseur de char Hellcat M18 du 15ème Régiment de Cavalerie Blindée de la IIIe Armée américaine, sur la place du Martray à Paimpol, utilisé pour neutraliser les fortifications allemandes de Guilben et de Plounez et nettoyer les poches de résistance alentours.

Le 17 août 1944, les derniers soldats de la garnison allemande de l’île de Bréhat, provisoirement cantonnés à l’Arcouest dans l’attente d’un hypothétique redéploiement, se retrouvent soudain à découvert face aux chars rapides du 15ème Régiment de Cavalerie Blindée américain, renseignés par la résistance, sillonnant les routes de la côte à 80 km/h. Ils se rendent sans difficulté.

Le même jour à midi, Bréhat est officiellement libérée.

La catastrophe de l’Amoco Cadiz

Bréhat n’a pas été épargnée par les conséquences de naufrages pétroliers. La marée noire de l’Amoco Cadiz a, par exemple, touché nos côtes en mars 1978.

Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz se déchire sur les hauts-fonds rocheux, devant Ploudalmézeau. Plus de 200 000 tonnes de pétrole, engluent le littoral, du Conquet jusqu’à l’île de Bréhat.

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