|

Étude et cartographie du recul du trait de côte

La loi « climat et résilience » du 22 août 2021 prévoit la réalisation d’une cartographie de l’exposition au recul du trait de côte pour les communes littorales directement concernées. En effet, le volet « trait de côte » de la loi se fonde sur quatre priorités :

  • Connaître et faire connaître l’évolution du trait de côte,
  • Décliner les outils juridiques nécessaires pour gérer les biens existants particulièrement vulnérables au recul du trait de côte,
  • Encadrer le régime des nouvelles constructions dans les zones exposées,
  • Permettre la recomposition spatiale

La commune de l’Ile de Bréhat s’est engagée dans cette démarche par une délibération du conseil municipal le 11 janvier 2022, et a missionné le CEREMA pour mener l’étude. Les cartes ont été approuvées lors du conseil municipal du 20 juillet 2026. Elles devront être intégrées au Plan Local d’Urbanisme lors de sa prochaine révision. Il s’agit pour l’instant de « cartes de préfiguration ».

Comprendre les cartes

La cartographie réalisée présente deux projections de l’évolution possible du littoral, à l’horizon de 30 ans (2050) et de 100 ans (2120). Ces projections prennent en compte plusieurs phénomènes qui impactent le littoral :

  • L’érosion côtière, phénomène prévisible et observable, qui correspond au recul progressif, ou parfois brutal, du littoral sous l’effet de l’action combinée des processus marins et continentaux. Elle impacte principalement les matériaux meubles et peut être aggravée par les tempêtes, la houle, de fortes pluies…  Seule une partie limitée du rivage, majoritairement en partie nord, est soumise à l’érosion.
  • La montée du niveau de la mer, liée au changement climatique, qui affectera surtout les zones basses littorales, avec des submersions marines de plus en plus fréquentes. Les principaux enjeux pour Bréhat concernent la montée progressive du niveau de la mer et la vulnérabilité de certaines zones basses littorales.

Le conseil municipal a retenu le scénario médian par délibération le 8 juin 2026.

La cartographie ne constitue pas une prévision exacte de l’évolution du littoral, mais une estimation prudente des secteurs susceptibles d’être exposés au recul du trait de côte dans les prochaines décennies. C’est un outil pour permettre à notre territoire de se préparer au recul du trait de côte tant par les politiques d’aménagement que par les stratégies de protection du littoral. Elle pourra être révisée en fonction de l’évolution du contexte climatique ou politique et des connaissances scientifiques.

Les conséquences en matière d’urbanisme

Les zones concernées par le recul du trait de côte seront soumises à des règles d’urbanisme plus strictes pour anticiper le risque :

Dans les secteurs exposés au recul du trait de côte à horizon 30 ans, les nouvelles habitations ne pourront plus être autorisées. Seuls certains travaux sur les constructions existantes (réfection, adaptation ou extension limitée sans augmentation de la capacité d’habitation) ainsi que des équipements publics ou des activités nécessitant une proximité immédiate avec la mer pourront être envisagés, sous réserve d’être démontables

Dans les secteurs concernés à l’horizon 100 ans, les constructions seront encore possibles mais sous conditions. La réglementation imposerait toutefois d’anticiper leur éventuel démontage futur si l’évolution du littoral venait à menacer la sécurité des personnes. Les coûts de démolition et de remise en état devront alors être consignés dès la construction.

La loi prévoit également la mise en place d’un droit de préemption spécifique permettant à la commune d’acquérir certains biens situés dans les zones exposées au recul du trait de côte afin de faciliter, à long terme, l’adaptation et la recomposition du territoire.

Enfin, l’information sur l’exposition des biens au recul du trait de côte devra être portée à la connaissance des futurs acquéreurs et locataires lors des ventes ou locations immobilières dans les secteurs concernés.

Publications similaires