Vous êtes sur le site de Saint Riom

St Riom et St Maudez arrivant en bateau. Sculpture d’un chapiteau figurant à l’Abbaye de Beauport

  1. Le site de Saint Riom : énigmes et attrait.

Visiteur, îlien de toujours, pèlerin, résident, athée, croyant, curieux, esthète des paysages, chercheur de calme, avide d’échanges…vous êtes en un lieu qui est votre choix à votre insu.

Vous êtes au nord de l’île de Bréhat, face à une ruine, perchée sur une butte rocheuse.
Elle a traversé les siècles et vécu toutes sortes d’avatars. Elle recèle quelques questions sans réponses certaines. Une famille de l’île l’a exhumée et empêché qu’elle ne s’écroule totalement.

Plus récemment une équipe bréhatine s’est attelée à valoriser cet endroit en voulant lui restituer son histoire et son statut.

Vous n’êtes pas là par hasard.

Vous pressentez sans doute un endroit riche d’une présence passablement ignorée, sur une butte d’où émergent des roches primaires, avec des écoulements d’eau vers une fontaine, celle-ci ayant alimenté un lavoir.

Un endroit humble qui exerce son attrait sur les passants empruntant la route vers le Paon.

Nous avons voulu redonner à ce lieu les dimensions qui en ont fait son histoire : histoire rustique, histoire de soins apportés aux malades, histoire mystique et mystérieuse reliée à celle de ces saints venus d’Irlande vers l’Armorique.
Nous souhaitons que ce lieu soit pour vous un lieu de repos, une escale, un lieu de ressourcement.

  1. Historique du site

L’Île Saint-Riom, au large de Paimpol, fut sans doute habitée par St Riom à l’époque de l’émigration bretonne en provenance d’Irlande, au tournant des Vème et VI ème siècles…

Saint Riom est-il venu à Bréhat ? Cet emplacement a-t-il vu l’édification de ce bâtiment au XII ème siècle sur ce qui a pu être un oratoire ? Il semble en tout cas que des chapelles et oratoires en l’honneur de St Riom aient été érigées à divers endroits : Plourivo, Ploubazlanec, Pleumeur-Gautier et …Bréhat.

Cette construction aurait-elle été une chapelle : des objets liturgiques ont été vendus aux enchères peu après la Révolution) ? C’est vraisemblable. En tout cas ce fut un lieu de soins pour les ouvriers affectés à la production du lin et au travail du chanvre, notamment ceux qui travaillaient ces fibres pour confectionner cordages, voiles et vêtements et dont les mains étaient crevassées, infectées, (ce qui fait dire que l’endroit était devenu une léproserie). Puis cet endroit eu d’autres destinations : abriter une vie paysanne et aussi stocker de la poudre à canon pour résister aux envahisseurs. En tout cas, au XX ème siècle le lieu était déshérité.

Au-delà, perdues dans une végétation envahissante, des ruines d’anciennes longères, de mémoire d’homme, ont été des bâtiments de ferme. En contre-bas, un cimetière envahi d’herbes et d’arbustes n’a pas été fouillé.

Défrichée et maintenue debout en 1987, la ruine a été entretenue vaille que vaille. Son histoire comporte peu de témoignages, aucune image et très peu d’écrits.

Mais l’endroit exerce un attrait : visible selon différentes perspectives, celui-ci est un repère discret au nord de l’île, au-delà de toute construction et de tout hameau, une balise ultime, une sorte d’île dans l’île. A vous d’apprécier !

  1. Histoire de St Riom

Il y a en Bretagne 7777 saints (peut-être moins, peut-être plus !) Parmi eux St Riom, ermite arrivé dans les parages avec son compagnon St Maudez au tournant des V et VI ème siècles,

St Riom serait arrivé avec St Maudez dans une auge en pierre. En fait il s’agissait de bateaux légers, avec une armature en bois recouverte de peaux de bœuf graissées, le tout lesté d’une pierre ayant la forme d’une auge. Seul le lest a survécu. Ces bateaux, des cunnaghs, sont encore en vigueur en Irlande. Un aventurier britannique a traversé l’Atlantique sur ce genre de bateau en 1977.

Les destins de Riom et Maudez auraient été liés dans leurs différents ministères jusqu’à ce que leur « chefs » après bien des tribulations entre l’Abbaye de Beauport, Bourges etc. se trouvent réunis dans l’église paroissiale de Plouézec. St Riom se serait-il détaché de quelque monastère pour prier, méditer, travailler ou s’oublier sur l’archipel de Bréhat. 

L’hagiographie de St Riom est rare et incertaine, beaucoup plus que celle de St Maudez. Mais, « là où St Maudez est honoré, St Riom n’est pas loin. » (Y.M. Lucas)

Le culte de St Riom semble en tout cas avoir été intense dans notre région.

Citons Y.M. Lucas, Recteur :

« Les marins ont une grande dévotion à Saint Riom dont ils n’ont qu’une vague idée…Pourquoi cette dévotion ? Nos islandais, terre-neuviers, long-courriers et caboteurs, pêcheurs et marins, choisissent de préférence pour leurs patrons des saints émigrés de Grande Bretagne en Armorique…C’est ainsi que…Riom est l’homme des Islandais si nombreux du canton de Paimpol »

« Quoi de plus naturel pour un marin breton que sa dévotion à nos saints qui ont traversé les mers dans des barques fragiles et dans des conditions mystérieuses. Ils ont évangélisé la côte bretonne et ont souvent préféré, comme Riom et Maudez, un rocher battu par les flots à une ville fréquentée par le monde. Les peuples pratiques et sensés comme le peuple breton ne se trompent pas dans l’offre de leur reconnaissance » (Y.M. Lucas)

Ce que l’on peut affirmer au milieu des incertitudes et des doutes sur l’histoire de St Riom, c’est qu’il a fait l’objet d’un culte, que ce culte est attesté, que maintes paroisses et personnes se le sont appropriées.

Cette histoire du culte et la démarche humaine qui y est attachée.
confèrent à ce personnage et à sa vénération une dimension spirituelle.

  1. Lavoir et fontaine

En contrebas de notre ruine, une fontaine où les femmes puisaient l’eau pour remplir un abreuvoir et aller laver le linge sur les pierres plates au-delà du petit chemin.

Ce lavoir était encore opérationnel dans les années 50.

Merci

  • A l’équipe municipale qui a voulu valoriser ce site.
  • A l’Association pour la sauvegarde et l’entretien du Patrimoine de Bréhat qui a apporté son soutien moral au projet.
  • Au CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement de St Brieuc) qui nous a aidés à préciser le projet.
  • A M. Yves-André Bourges, historien, fort de son érudition et de son exigence.
  • A l’entreprise Dronelis (Guillaume Richard) qui a généreusement fait les relevés qui permettront de positionner des ouvrages retraçant l’histoire de ce site de façon artistique.
  • A l’Association « Fontaines et Lavoirs » basée à Plaintel pour son implication auprès de nous malgré la modestie du projet.
  • A l’équipe de bénévoles qui a porté le projet, effectué des recherches historiques et archéologiques pour parvenir à une réhabilitation du site.